Le cerveau, ce miroir déformant

Publié le 5 mai 2017 | Humeurs

Bonjour Chaton,

Ça fait des mois que cet article est prévu. Des mois que je tourne et retourne le sujet sans savoir comment le tourner, comment ne pas être mal comprise. Tu l’auras compris, il me tient à cœur.
Alors je vais arrêter de réfléchir, et te livrer les choses telles quelles. Ce sera surement un peu brouillon, mais ce sera vrai.

Je voulais te parler de poids, mais au final ça va au delà de ça. La vision qu’on a de nous même.
Il y a 10ans – je me souviens parce que c’était la période de mon Erasmus – je pesais 52kg pour 1m77. Mince ? Non. Maigre.
Ça a été comme ça pendant des années. Rien à faire pour prendre un peu de formes, de gras, et crois moi j’ai essayé ! Le macdo et les distributeurs de sucreries étaient mes meilleurs amis, je n’arrêtais pas de la journée. En plus des repas aux heures normales bien sûr.
Je me souviens de nanas me croisant à la fac et se soufflant « avec tout ce qu’elle mange elle, sûre qu’elle se fait vomir« . J’adore ces mentalités. T’es mince = tu manges rien ou t’es anorexique / t’es grosse = tu ne fais que bouffer. Pas de demi-mesure, pas de problème sous-jacent.  Juste des gens dans des cases.

Là où je veux en venir, ce n’est pas le regard des autres, mais le notre.
Parce qu’avec l’âge, la pilule, la vie, j’ai fini – hallelujah – par prendre un peu de poids. Je suis même montée jusque 68kg à un moment. Ça reste pas énorme pour 1.77m, mais c’est quand même 16kg de plus !
Et mon regard sur moi n’a pas changé. Dans la glace, je voyais toujours le même corps. De la même façon qu’une personne en surpoids continue de s’y voir un moment malgré sa perte.
Il n’y a que sur des photos que j’ai réalisé, parfois, la différence. Et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ça ne correspondait pas à ce que je voyais chaque matin. Il y avait un tel gap. C’était pas moi.

L’an dernier j’ai connu une période difficile. Je suis redescendue à presque 55kg. Là où d’autres dévorent tout ce qu’ils trouvent, moi quand ça va pas, je ne parviens plus à manger. Et tu sais quoi ? Je n’ai rien vu…
Ce sont mes amis, dans un premier temps, qui me l’ont fait remarquer. Mes fringues, ensuite, quand j’ai un peu ouvert les yeux.

Je n’ai rien vu. Rien.
Tout comme Chacha n’a pas vu qu’elle reprenait du poids, à la même période.

Ma réflexion est donc celle-ci : Pourquoi ? Est-ce que nous ne voulons pas le voir ? Pourquoi notre cerveau déforme-t-il nos réalités ? Pourquoi on le voit sur les autres et pas sur nous même ? Pourquoi on le voit en photo et pas en vrai ?

Je suis sure que je ne suis pas la seule dans ce cas, quelles que soient les morphologies.
Je n’attends bien entendu pas une réponse scientifico-psychologique. Mais ton avis. Ton vécu.
Ton partage, comme toujours.

11215759_844736738894835_7278271421569055087_nTon cerveau à toi, il déforme quoi ?
(la prochaine fois on parlera du mien qui déforme aussi tous les gens en bisounours^^)

Des bisous, Amandine

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6 Réponses pour Le cerveau, ce miroir déformant

  1. On n’a jamais un regard objectif sur son propre corps… Pourquoi? Bonne question, à laquelle je n’ai pas la réponse. Et comme toi, je trouve que les personnes extérieures sont trop dans le jugement sans savoir ce qu »il se passe vraiment! Des bisous douce Amandine

  2. Hello !
    Comme toi j’ai une vision de mon corps qui ne relate pas la vérité. des années maintenant que mon poids est stable à 10 kg de moins que mon poids adolescent/jeune adulte. Et bien je me vois toujours pareille ! En plus, tu ajoutes à ça du sport depuis 1 an et par contre là je vois mon corps se modifier parce que je suis plus tonique et musclée. Personnellement, je pense que l’on a du mal à se juger face à un miroir parce qu’on se voit tous les jours. c’est un peu comme une copine qu’on ne voit pas souvent on va remarquer ses changements mais la pote qu’on croise tous les jours on s’en rendra moins compte. Bref, aussi pour les histoire de photo, je crois que c’est parce qu’on se voit inversée par rapport à d’habitude (dans le miroir) et peut etre que notre cerveau est plus sensible à l’observation de la différence dans ces cas là ?
    si ça t’intéresse, je viens de créer un blog collaboratif sur ce thème (l’image de son corps et apprendre à s’aimer telle que l’on est) !
    A bientôt !

  3. Audrey dit :

    Je me reconnais dans ce que tu dis dans le sens où, avant, quand j’avais 20 ans et que j’étais beaucoup plus mince qu’aujourd’hui, je me trouvais grosse. Je n’arrive pas à voir telle que j’étais. Quand je réalise que je faisais un poids qui me semble impossible à retrouver aujourd’hui, je me dis que je me prenais grave la tête pour rien.
    A 31 ans, je suis montée à un poids pas possible, pratiquement à +25kg de mon poids de forme, celui où on peut dire que je suis « mince ». Je suis en train de les reperdre. Ce n’est pas la première fois que je fais un gros yoyo comme ça mais j’espère que cette fois, c’est la bonne ! Et j’essaye aussi d’avoir un regard plus objectif sur moi, plus bienveillant. C’est peut être l’âge qui veut ça… Enfin c’est pas toujours facile, j’avoue.
    Par contre, je me suis toujours « vue » grossir ou maigrir. Dans le premier cas, j’ai souvent fait l’autruche, j’ai pas vu parce que je voulais pas voir mais je savais. Du coup je peux pas jouer la surprise à 100 % même si je comprends ce que tu veux dire…

    En tous cas, je découvre votre blog, votre chaine depuis un petit mois et je voulais vous féliciter toutes deux pour votre travail ! Vous êtes très agréables à suivre, pleines de bonne humeur, c’est un vrai plaisir 🙂

  4. Nam dit :

    Coucou Poulette,

    J’ai le même « souci » si s’en est un. Depuis toute petite on me dit que je suis « bien portante », qu’il vaut mieux faire envie que pitié, qu’on ne dit jamais une belle maigre. Résultat j’ai passé mon enfance à croire que j’étais grosse jusqu’à mes 20ans environ quand j’ai revu une amie d’enfance qui m’a dit : « mais tu plaisantes t’étais toute fine, grande, tes jambes on aurait dit des baguettes ». Je rentre chez moi, retrouve des photos d’enfance et là je me vois enfin comme elle me voyait à l’époque. On m’a tellement rabâché que j’étais grosse depuis toute petite que cette perception était ancrée en moi ( tu connais Inception? Ben pareil). Pire que ça, ce faux jugement est pour moi une des raisons de mon malaitre aujourd’hui car depuis ce jour de « vérité » j’ai décidé non seulement de ne plus écouter les jugements des autres mais surtout de ne plus en porter ni sur moi ni sur les autres. Je me fous du poids des gens tout comme je me fous du mien. Du moment qu’on se sent bien dans sa tête. Du moins c’est ce que je pensais. Puis comme toi je me suis revue en photo puis j’ai refait face au miroir…Aujourdhui je pense savoir comment j’en suis arrivée là et malgré cette idée profonde ancrée en moi je vais essayer de me sentir bien à nouveau dans ce corps qui m’appartient.
    Je te souhaite de te sentir bien également quelque soit ta silhouette. La beauté c’est bien plus qu’un simple chiffre sur une balance. ❤

  5. Meryl dit :

    Sympa comme article !
    Pour ma part, c’est l’inverse, je grossis & quand ça ne va pas, je mange, trop. Même quand ça va je mange trop (foutus troubles alimentaires).
    Et les personnes qui me connaissent ont beau me dire que je suis ronde certes, mais pas obèse, énorme, moi je ne parviens pas à me voir autrement !
    Bisous.
    Méryl – Simplement Méryl ♡

  6. latelierdeju dit :

    Je comprends tellement ton ressenti , merci de poser des mots sur cette difficulté …

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